Transports en commun : le livre pour en finir avec la galère

livre  TECLe livre débute par une petite séance de science-fiction. Nous sommes en 2035, les véhicules hybrides côtoient les métros à grande vitesse et les carcasses de voitures abandonnées gisent dans d’anciens lotissements délabrés devenus inaccessibles. Le Ministère de la Mobilité Durable donne à chacun un nombre de « crédits transports » très restreints, obligeant certains salariés à faire du « télédomicile », c’est-à-dire à dormir sur leur lieu de travail. Voilà un futur qui semble peu engageant !

En une centaine de pages, les auteurs dressent un état des lieux très détaillé des transports en communs (TEC) français. Ils commencent par expliquer « les conséquences néfastes de la mobilité » puis identifient les « causes » de ces problèmes, pour enfin présenter des « perspectives » futures et un carnet pratique pour « devenir acteur de sa mobilité ».

Non dénué d’humour ni d’ironie, ce livre raconte nos petites (et grosses) galères quotidiennes de façon très documentée. Les chiffres, les exemples concrets et les anecdotes ne manquent pas, c’est ce qui fait la force de son message. Il identifie les « fausses bonnes idées », comme les TEC gratuits ou le ferré urbain devenu remède miracle, mais aussi les solutions « sympathiques » mais inadaptées à la vie quotidienne, comme le covoiturage en ligne pour les cadres de banlieue.

Les auteurs ont, eux, d’autres idées à proposer. Il faudrait avant tout « optimiser l’existant » pour rendre les déplacements plus faciles et agréables. Les solutions envisagées sont évidemment en lien avec les activités professionnelles des auteurs, Marc Fontanès étant le directeur de Mobility + et Ludovic Bu le président de Voiture & co. Ils appellent à un vrai « changement de paradigme » pour repenser l’économie, les politiques et la sociologie de la mobilité. Ils suggèrent d’offrir plus de modes de transports, avec davantage de services pour l’usager, de donner une vraie place au vélo et aux autres moyens alternatifs (téléphérique, bateau), afin de circuler « mieux sinon moins ». 

Au fond, c’est peut-être cela, la vraie solution à nos problèmes de mobilité : cesser de considérer les transports rapides et pas chers comme le signe inhérent de la modernité, pour apprendre à réduire nos besoins de déplacement et à « exister sans bouger ».

 

Les transports, la planète et le citoyen. En finir avec la galère, découvrir la mobilité durable.

Un livre de Ludovic Bu, Marc Fontanès, Olivier Razemon.

 

Crédits photo: Les Petits Ruisseaux